Le fils du seigneur de la cour
« Il vint donc encore à Cana de Galilée, où il avait, de l’eau, fait du vin. Et il y avait à Capernaüm un seigneur de la cour, duquel le fils était malade ; celui-ci, ayant ouï dire que Jésus était venu de la Judée en Galilée, s’en alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils ; car il allait mourir. Jésus donc lui dit : Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point. Le seigneur de la cour lui dit : Seigneur, descends avant que mon enfant meure. Jésus lui dit : Va, ton fils vit. Et l’homme crut la parole que Jésus lui avait dite, et s’en alla. Et, déjà comme il descendait, ses esclaves vinrent au-devant de lui, et lui rapportèrent que son fils vivait. Alors il s’enquit d’eux à quelle heure il s’était trouvé mieux ; et ils lui dirent : Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père donc connut que c’était à cette heure-là à laquelle Jésus lui avait dit : Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison. Jésus fit encore ce second miracle, quand il fut venu de Judée en Galilée » (Jean 4 v.46-54).
La guérison de ce garçon n’est rapportée que par Jean, tout comme l’histoire des noces Cana en Jean 2 v.1-11. Il est frappant de constater à quel point ces deux événements sont liés.
« Jésus fit ce commencement de ses miracles à Cana de Galilée, et il manifesta sa gloire » (Ch.2 v.11) ; et : « Jésus fit encore ce second miracle, quand il fut venu de Judée en Galilée » (Ch.4 v.54), également à Cana. Il ne s’agissait pas des deux premiers miracles accomplis par le Seigneur Jésus, mais des deux premiers rapportés par Jean.
Les deux miracles eurent lieu le troisième jour (*) et offrent tous deux une image prophétique du règne de paix sous la domination du Fils de l’homme.
Les noces de Cana parlent du bonheur découlant de la relation de l’Éternel avec son épouse terrestre, le peuple d’Israël. Dieu avait délivré ce peuple d’Égypte et avait conclu un « contrat de mariage » avec lui au mont Sinaï, fondé sur la Loi. Mais très rapidement, le peuple fit un veau d’or et commit adultère avec une idole. Ce fut le péché qu’il ne cessa de commettre, jusqu’à ce que Dieu ne puisse faire autrement que de répudier « sa femme » et de l’envoyer en déportation. Cependant, Dieu reprendra à nouveau sa relation avec son peuple. Cela signifie qu’il conclura une nouvelle alliance avec Israël, cette fois sur base de la grâce, fondée sur le sang du Christ. Cela se réalisera dans le règne de paix de mille ans.
La guérison du fils du seigneur de la cour de Capernaüm met clairement en évidence l’état spirituel du peuple d’Israël. Le garçon était malade (1*), oui, il était en train de mourir (2*). Le Seigneur Jésus lui dit donc : « Va, ton fils vit » (3*). Finalement, ce n’est pas la guérison que ses serviteurs annoncent au père, mais que l’enfant vivait (4*). Il est clair que le garçon n’avait pas une simple grippe, mais était atteint d’une maladie à la mort. Tel est l’état actuel d’Israël !
Cela valait déjà à l’époque où le Seigneur Jésus était à Sichar chez les Samaritains (versets 1-42). Aujourd’hui, alors que l’Évangile de la grâce est prêché dans le monde entier, le peuple d’Israël est dans l’incrédulité, donc voué à la mort. Leur cœur est endurci. Bien que certains, individuellement, parmi le peuple puissent venir à la foi dans le Seigneur Jésus, le cœur du peuple dans son ensemble reste voilé (*). Ce sont les voies gouvernementales de Dieu ; en rejetant le Messie, ils ont attiré cela sur eux-mêmes.
Mais lorsque les deux jours, symbole du temps de grâce pour les nations seront passés, un changement profond dans l’action de Dieu envers l’humanité interviendra : Il se tournera de nouveau vers Israël. Quand le Seigneur Jésus revient à Cana, l’Esprit de Dieu fait naître dans le cœur du seigneur de la cour le désir de placer son espoir dans le Seigneur Jésus. C’est pour cela que la tribulation est nécessaire — oui, c’est dans ce but de la grande tribulation est nécessaire : il voit que son fils est sur le point de mourir. Cela le conduit au Messie.
Quand il implore la guérison de son enfant, le Sauveur répond : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point ». Cette remarque n’est pas tant adressée personnellement au seigneur de la cour, mais constitue un tendre reproche, de portée générale, envers le peuple d’Israël — « vous » est alors au pluriel. Alors qu’aucun signe n’a été nécessaire parmi les Samaritains à Sichar, à peine Jésus arrive-t-il en Galilée que ce que Paul dit en 1 Corinthiens 1 v.22 s’accomplit : « Les Juifs demandent des miracles ».
La période où nous vivons, représentée par ces deux jours, est le temps auquel le Seigneur Jésus fait allusion en Jean 20 v.29 : « Bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru ». C’est juste après que le désir de voir des signes réapparaît.
Ces paroles dites au seigneur de la cour semblent tomber dans l’oreille d’un sourd. Il ne fait que répéter sa supplication : « Seigneur, descends avant que mon enfant meure ». Il désire non seulement un signe, mais aussi la présence physique du Messie. Mais lorsque le Seigneur Jésus lui donne cette promesse : « Va, ton fils vit », il est beau de voir à quel point, il le croit immédiatement ! Il n’y a ni objection, ni hésitation, mais une acceptation instantanée. Une telle foi est toujours bénie.
Le seigneur de la cour retourne chez lui. Le trajet de Cana à Capernaüm faisait environ 25 kilomètres. Ses serviteurs viennent déjà à sa rencontre pour lui annoncer que, soudainement, la guérison s’est produite. Le seigneur de la cour « vérifie » l’heure où ce changement s’est produit : c’était à la septième heure — peut-être le soir ? Cette septième heure fait allusion au septième jour, au règne millénaire de paix, au repos sabbatique qui attend le peuple de Dieu. Alors, Israël vivra !