Le suaire
Note de la traduction :
Les mots traduits en français dans la version JND par « linge » « suaire » « linceul » ne sont pas les mêmes que dans d’autres langues.
Nous nous sommes alors référés aux mots grecs de l’original pour pouvoir exprimer certaines nuances.
Voir l’annexe en fin de l’article.

Un suaire était un linge mis sur la tête pour empêcher les gouttes de sueur du front de couler dans les yeux. Cela pique, car la sueur contient du sel. Le suaire évoque donc un travail pénible, qui provoque la sueur. C’est une conséquence du péché : « À la sueur de ton visage tu mangeras du pain» (Genèse 3 v.19).

Par quatre fois, il est question de suaire, ou linge servant à éponger la transpiration dans le Nouveau Testament.

1 – Luc 19 v.20

« Maître, voici ta mine, que j’ai gardée déposée dans un linge(*) » (Luc 19 v.20).

L’un des dix serviteurs à qui leur maître avait confié chacun une mine pour la faire fructifier, n’avait aucune intention de fournir des efforts. Il l’enveloppa et la mit de côté dans un « linge servant à éponger la sueur ». Il ne voulait pas seulement éviter de travailler avec cet argent : il ne voulait pas travailler du tout. Il n’avait donc pas besoin de son linge pour essuyer sa transpiration.

Remarquez que la paresse est sévèrement condamnée dans les Écritures, par exemple dans le livre des Proverbes (1*). L’apôtre Paul ordonne que celui qui ne veut pas travailler, ne doit pas non plus manger (2*). Quant à ceux qui peuvent mais ne veulent pas travailler, il faut s’en éloigner et se retirer de leur compagnie (3*).

La paresse du serviteur dans Luc 19 est encore plus grave, car il s’agit ici du service envers le grand Maître. Le Seigneur Jésus ne l’appelle pas seulement paresseux, mais méchant esclave, et Il le juge (*).

2 – Actes 19 v.12

« … même on portait de dessus son corps des mouchoirs (*) et des tabliers sur les infirmes ; et les maladies les quittaient, et les esprits malins sortaient » (Actes 19 v.12).

Paul n’était pas paresseux, mais un serviteur très zélé de Christ. Il voyageait inlassablement, annonçant l’Évangile partout. Jour et nuit, il était à l’œuvre pour son Sauveur, et Dieu bénissait abondamment son ministère.

Un apôtre était caractérisé par un ministère accompagné de signes et de miracles (1*). Chez Paul, cela était très manifeste.

Selon Actes 19 v.11-12 (2*), Dieu accomplissait des miracles extraordinaires par son intermédiaire. Il imposait les mains aux malades, mais même les mouchoirs servant à essuyer la sueur et les tabliers qu’il portait étaient placés sur les malades, et les maladies les quittaient, les esprits mauvais sortaient. Ainsi, Dieu confirmait son œuvre et montrait clairement aux hommes que Paul était véritablement Son serviteur.

Il est même fait mention de plusieurs de ces mouchoirs appartenant à l’apôtre. Il servait le Seigneur Jésus avec un grand zèle et beaucoup d’efforts. L’appréciation que Paul recevra un jour de la part du Maître correspondra aux paroles que Jésus adressa au serviteur qui, avec une seule mine, en avait gagné dix : « Bien, bon esclave ! » (Luc 19 v.17).

N’est-ce pas précieux, que le Seigneur Jésus peut un jour nous dire cela, à nous aussi ? Ne devrions-nous pas nous investir davantage pour vivre pour Lui et témoigner de Lui ?

3 – Jean 11 v.44

« Le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes ; et son visage était enveloppé d’un suaire (*) » (Jean 11 v.44).

Lazare était mort et avait été enseveli. Mais, par la voix puissante du Fils de Dieu, il fut rappelé à la vie d’entre les morts. Il sortit du tombeau, « ayant les pieds et les mains liés de bandes ; et son visage était enveloppé d’un suaire ».

Le Seigneur Jésus donna l’ordre de le délier, donc de le libérer de ses bandes de tissus dont on enveloppait les défunts — mais Lazare ne se débarrassa pas encore de son suaire. Son service n’était pas encore terminé.

Tant que nous sommes sur cette terre, notre mission est d’être au service de Dieu et de Christ, comme des serviteurs actifs. Comme Lazare était un témoin vivant de Christ et de Sa toute-puissance, de sorte que beaucoup de Juifs crurent en Lui (*), nous aussi, nous sommes appelés à être une lampe allumée dans un monde obscur. Nous pouvons attirer l’attention de tous ceux avec qui nous sommes en contact, sur la personne du Seigneur Jésus.

De Lazare, nous n’entendons pas un seul mot. Notre témoignage ne réside pas en premier lieu dans ce que nous pouvons dire, mais dans la manière dont nous vivons, nous agissons et nous conduisons. C’est en cela que le Seigneur Jésus doit être visible. Et lorsque Dieu nous donne aussi des occasions de dire quelque chose, saisissons-les à deux mains !

Aussi longtemps que nous sommes sur cette terre, nous portons notre suaire et sommes les témoins de notre Rédempteur et Maître.

4 – Jean 20 v.7

« Le suaire (*) qui avait été sur sa tête, lequel n’était pas avec les linges, mais plié en un lieu à part » (Jean 20 v.7).

La plus belle mention d’un suaire est gardée pour la fin : c’est le suaire du Seigneur Jésus.

Lorsque Joseph d’Arimathée et Nicodème descendirent le corps du Seigneur Jésus de la croix, ils L’enveloppèrent dans un linceul propre et pur de fin lin (1*). C’était dans un vêtement de lin, que le Seigneur Jésus s’est montré à Ses disciples pendant quarante jours après Sa résurrection. Les soldats L’avaient dépouillé de Ses vêtements, qu’ils s’étaient partagés en tirant au sort. Ces deux disciples, eux, eurent l’honneur de Lui offrir un habit neuf, traduit français par « linceul » (2*)

Mais en Jean 19 v.40 (1*), il est question d’autre chose. Après Lui avoir mis ce vêtement de lin, ils L’enveloppèrent aussi de linges dont on enveloppe les défunts avec des aromates. Le premier linge était pour Le revêtir, celui-ci était pour L’embaumer provisoirement, à cause du sabbat et dans la hâte. L’original utilise un autre mot pour « linge » (2*)

Lorsque Pierre et Jean entrent dans le tombeau au matin de la résurrection, ils voient « les linges à terre, et le suaire qui avait été sur sa tête, lequel n’était pas avec les linges, mais plié en un lieu à part». De même que pour Lazare, les linges dont on enveloppe les défunts devaient être détachés, le Seigneur Jésus Lui-même a retiré les linges qui L’enveloppaient, et les a soigneusement déposés. Dans les deux cas, une chose est claire : la mort a dû rendre sa proie, le mort était vivant !

Mais quelle belle différence : Lazare devait continuer à porter son suaire aussi longtemps qu’il vivait sur la terre, tandis que le suaire du Seigneur Jésus était plié à part, mis de côté ! Ce linge n’était plus nécessaire.

L’œuvre du Seigneur Jésus était accomplie. Il avait mené à bien, jusqu’au bout, la mission que le Père Lui avait donnée à faire. Dieu avait été glorifié, et Il avait été pleinement satisfait. Sa colère avait été apaisée, le péché expié. Le chemin du salut était ouvert à quiconque croit. Satan était vaincu, et la puissance du monde et de la mort brisée. Christ est le Vainqueur, tout est accompli !

C’est en triomphant qu’Il s’écria sur la croix : « C’est accompli ! » (Jean 19 v.30). Puis Il baissa la tête et remit volontairement Son esprit, et entra dans la mort.

Le fait que Son œuvre était réellement accomplie, et que Dieu en était parfaitement satisfait, a été clairement démontré en ressuscitant Son Fils d’entre les morts, en le recevant dans le ciel et en Le glorifiant à Sa droite. La preuve irréfutable en est ainsi donnée : Le Seigneur Jésus n’a plus besoin de son suaire !

Annexe (« linge » « suaire » « linceul »)

Les formes varient légèrement selon le cas de la déclinaison ou si le mot est au singulier ou au pluriel

Σουδάριον – soudárion

Sens de mouchoir, linge, suaire. Ce mot est à l’origine du mot latin « sudarium » qui signifie « sueur », d’où le sens de linge pour essuyer la sueur !

Ce mot est utilisé en Luc 19 v.20 (linge), Jean 11 v.44 (suaire), Jean 20 v.7 (suaire)

Σινδών – sindōn

Sens de linceul, grand drap de lin fin, pièce de tissu de lin, large et souvent coûteuse ou vêtement ample. Ce vête-ment couvrait le corps.

C’est le mot utilisé en Matthieu 27 v.59 (linceul), Marc 15 v.46 (linceul), Luc 23 v.53 (linceul)

ὀθονίοις - othoniois

Sens de linges, bandes de lin, petits morceaux de tissu utilisés pour envelopper un corps.

C’est le mot qui est utilisé en Jean 19 v.40 (linges), Jean 20 v.6 (linges)