Mara

Après qu’Israël eut traversé la mer Rouge et pénétré dans le désert, sa toute première expérience fut qu’il ne trouva pas d’eau (*). La deuxième fut celle de l’eau amère : l’eau de Mara. Quelle expérience décevante cela a dû être pour eux : après trois jours de marche, ils trouvent enfin de l’eau, mais elle est amère et ils ne peuvent pas la boire !

Mara tire son nom de cette expérience : « Ils vinrent à Mara ; mais ils ne pouvaient boire des eaux de Mara, car elles étaient amères : c’est pourquoi son nom fut appelé Mara » (Exode 15 v.23), à comparer avec : « Elle leur dit : Ne m’appelez pas Naomi, appelez-moi Mara ; car le Tout-Puissant m’a remplie d’amertume » (Ruth 1 v.20).

Mara fut la première véritable épreuve pendant la traversée du désert. Le peuple subit un échec, il murmura contre Moïse (1*). Ainsi, Dieu a mis en lumière ce qui était dans leur cœur : un esprit de rébellion, d’opposition contre Lui et contre leur guide, Moïse. Murmurer ou se plaindre est l’un des péchés les plus graves qui soient. C’est le dernier mentionné dans une liste de cinq graves déviations d’Israël pendant le voyage dans le désert (2*).

Cela montre combien l’obéissance est importante pendant l’épreuve : écouter attentivement la voix de Dieu, tendre notre oreille vers Ses commandements et observer tous Ses préceptes. Si telle est l’issue de l’épreuve, elle est alors bénéfique. Nous faisons alors l’expérience de Sa puissance cicatrisante au milieu des difficultés et découvrons qu’Il est notre Sauveur, notre Médecin : « Je suis l’Éternel qui te guérit » (*).

Dieu promet alors qu’Il ne fera subir à Son peuple aucune des maladies qu’Il a infligées aux Égyptiens — image des gens du monde. En tant que croyants, nous constituons une grande exception au sein d’un monde sans Dieu. Les plaies d’Égypte symbolisent les jugements à venir sur le monde durant la grande tribulation.

Le dernier livre de la Bible montre des ressemblances frappantes avec les plaies qui sont tombées sur l’Égypte. Lors de la première plaie, par exemple, l’eau devint du sang, de sorte que les Égyptiens ne purent plus boire l’eau du Nil (1*). Lors de la troisième sonnerie de trompette dans Apocalypse 8 v.10 à 11 (2*), une grande étoile tombe du ciel sur le tiers des fleuves et des sources d’eau. Cette étoile est appelée Absinthe, ce qui signifie également « amertume ». Le tiers des eaux devient amer, et beaucoup meurent à cause de cette eau.

Quel est donc le remède, le moyen de guérison quant à cette eau amère ? Comment pouvons-nous échapper aux plaies d’Égypte ? Il est très significatif que l’Éternel ait montré à Moïse un (morceau de) bois, ce qui fait appel à un tronc d’arbre. Ce mot est précisément utilisé dans Deutéronome 21 v.22-23 (*) en lien avec la peine de mort par pendaison. La citation de Paul dans Galates 3 v.13 y fait référence : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous (car il est écrit : « Maudit est quiconque est pendu au boi ») ».

La référence au bois de la croix est donc évidente. Christ a Lui-même porté nos péchés en Son corps sur le bois (1*). Et pourtant, il ne faut pas seulement penser à la signification de la croix en tant que telle, à l’œuvre du Seigneur Jésus — aussi importante soit-elle —, mais aussi à Sa personne. Peu avant la crucifixion, Il s’est d’ailleurs Lui-même appelé, dans Luc 23 v.31 (2*), « le bois vert ».

Le bois ici représente donc « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié », pour reprendre les mots de Paul dans 1 Corin-thiens 2 v.2 (1*). Sa personne et Son œuvre accomplie sur la croix du Calvaire : voilà la solution à tout mal, à toute plaie. Jésus-Christ crucifié fut le « remède » à la situation dans la-quelle se trouvaient les Corinthiens, et aussi à l’égarement des Galates. Car à eux aussi, Jésus-Christ avait été présenté comme crucifié (2*). C’est vers Lui qu’ils devaient se tourner à nouveau, c’est avec Lui qu’ils devaient renouer une relation vivante.

Le bois jeté dans l’eau amère la rendit douce. Elle devint ainsi potable. De même, la pensée des souffrances du Christ adoucit l’amertume de notre vie. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu qu’Il a manifesté dans le don de Son Fils bien-aimé. Et rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ qu’Il a démontré par Son offrande de Lui-même sur le bois de la croix.

En effet, l’Éternel est notre Sauveur, notre Médecin. Il n’y avait pas d’autre solution, pas de solution moins coûteuse à notre détresse profonde, à notre misère amère. Christ a dû devenir homme et donner Sa vie pour nous, afin de pouvoir nous donner la vie.