Là où l'Esprit et la parole s'unissent,
là où l'Esprit parle par la Parole,
et veut aussi en donner l'interprétation
à chacun qui écoute en priant.
Réunis ensemble autour de cette parole,
nous écoutons la voix du Seigneur ;
il dispense toujours sa bénédiction
pour l'âme tournée vers lui.
Heure délicieuse où il veut offrir :
« nourriture vivante - pain céleste »,
où il veut abreuver le cœur assoiffé,
par son Esprit, si riche et si grand.
Oui, cette riche parole d'en-haut
montre et déploie sa gloire,
où l'âme qui veut croire
découvre ses trésors.
Qui peut se passer d'une telle heure,
qui nous fortifie spirituellement chaque fois ;
où la puissante parole du Seigneur
vient à nous et agit en nous ?
Pouvons-nous surestimer la valeur de la Parole de Dieu et de sa prédication ? Non, nous devons plutôt reconnaître que nous ne l’apprécions pas assez. Que nos estomacs aient besoin de nourriture, nous ne l’oublions pas facilement ; ils commencent d’eux-mêmes à gargouiller. Mais nos âmes ont tout autant besoin de la nourriture spirituelle de la Parole de Dieu !
Dieu nous a fait un don extrêmement précieux avec la Bible. Nous avons le privilège de pouvoir la lire chaque jour : dans notre chambre, pendant notre moment de recueillement, après le réveil, après les repas, avant de nous coucher, et si possible aussi entre-temps. Mais ce cantique parle d’une occasion spéciale où nous pouvons recevoir la nourriture par cette Parole, lorsque l’assemblée se réunit pour écouter la prédication de la Parole.
C’est la réunion ayant la prophétie (*) pour objet. Tout le chapitre 14 de 1 Corinthiens y est consacré, et d’une manière très particulière, comme c’est souvent le cas dans les lettres de l’apôtre Paul. Il répond alors à une question des croyants ou à une situation spécifique dans une assemblée – et il s’en sert pour révéler les pensées de Dieu. Il élève ainsi le sujet « à un niveau supérieur » et nous donne un enseignement pur.
Ainsi, parmi les Corinthiens, on se posait des questions au sujet du don de parler en langues, et il semble que ce don n'était pas utilisé de manière appropriée parmi eux. Pour apporter de la clarté à ce sujet, l'apôtre compare le parler en langues avec la prophétie. Sa conclusion n’est pas que parler en langues était mauvais et prophétiser bon, mais que l’exercice du don de parler en langues – à cette époque du commencement ! – était bon, à condition qu’il soit pratiqué au bon moment et de la bonne manière, mais que la prophétie était bien meilleure et plus élevée.
Or, cette prophétie n’a rien à voir avec la prédiction de l’avenir, mais avec la prédication de la Parole de Dieu, où celui qui parle est la bouche de Dieu. Celui qui exerce ce ministère doit être conduit par le Saint-Esprit. C’est ce qui constitue le fondement du premier couplet : le Saint-Esprit et la Parole de Dieu vont « main dans la main ». L’Esprit de Dieu parle à partir de Sa Parole et à travers d’elle.
Exode 7 v.1-2 illustre clairement ce qu’est le service prophétique. Dieu dit à Moïse : « Vois, je t’ai fait Dieu pour le Pharaon ; et Aaron, ton frère, sera ton prophète. Toi, tu diras tout ce que je te commanderai ; et Aaron, ton frère, parlera au Pharaon ». Aaron était la bouche de Moïse. Tout ce que Moïse voulait dire au Pharaon, le souverain égyptien l’entendait par la bouche d’Aaron. Cela signifie qu’Aaron était le prophète de Moïse.
Lorsque les croyants sont rassemblés et que Dieu a quelque chose à leur dire, Il leur transmet Son message par l’intermédiaire d’un frère. Le croyant que le Saint-Esprit choisit et utilise à cet effet est, à ce moment-là, un prophète de Dieu.
C’est une grande bénédiction que Dieu ait prévu cette disposition. Chaque fois que des croyants se rassemblent ainsi pour écouter la prédication de la Parole, c’est pour Dieu une occasion de transmettre à Ses enfants quelque chose dont ils ont besoin.
Il est alors nécessaire d’écouter dans un esprit de prière, avec cette prière dans notre cœur : « Seigneur, que veux-Tu me dire maintenant ? »
Nous n’écoutons pas un frère, mais – comme le dit le deuxième couplet – la voix du Seigneur Lui-même. C’est important ! Trop souvent, nous regardons celui qui se tient là et qui parle. Surtout si le message n’est pas agréable, et que, par exemple, nous sommes exhortés à faire quelque chose que nous ne voulons pas vraiment, il est facile de rejeter cela en se cachant derrière le fait que le prédicateur lui-même n’est pas parfait. Ce n’est pas juste. Quelqu’un qui est utilisé comme prophète par le Saint-Esprit doit veiller à mettre lui-même en pratique ce qu’il enseigne aux autres, mais celui qui écoute, quant à lui, doit recevoir la prédication comme venant du Maître. Si nous écoutons avec cet état d’esprit, la bénédiction en découlera.
La Parole qui est prêchée est comparée, dans le troisième couplet, au pain du ciel et à l’eau vive. Ce sont en effet des moments précieux lorsque le Saint-Esprit veut nous en fournir.
Le but suprême du Saint-Esprit, en tout temps, est de glorifier le Seigneur Jésus (*). Par la Parole, Il nous montre toujours à nouveau le véritable Trésor du croyant, le Seigneur Jésus Lui-même, comme nous le chantons dans le quatrième couplet. Lorsque notre Sauveur nous est présenté et que Sa gloire est dépeinte devant nos yeux, n’est-ce pas là le ciel sur la terre ?
Un tel moment, une telle heure, nous ne pouvons pas nous en passer, souligne le cinquième couplet. Si nous manquons ces moments de réunion, où pourrions-nous alors être fortifiés spirituellement ? Si, en raison de la maladie ou d’autres circonstances, nous sommes empêchés d’écouter la prédication de la Parole, Dieu y pourvoira dans Sa grâce. Mais faisons tout notre possible pour profiter abondamment de toutes les occasions où la puissante Parole de Dieu est prêchée et peut accomplir une œuvre en nous ! Il ne peut en être autrement : une riche bénédiction en découlera !