Seul Luc, qui était médecin et donc attentif aux détails concernant les maladies et les maux, mentionne que c'était la main droite de l'homme qui était desséchée. C'est de cette manière que son impuissance se manifestait : il ne pouvait pas se débrouiller seul.
Ce sont surtout les pharisiens qui veillaient au respect de leurs préceptes concernant l'observance du sabbat. Ils « l’observaient s’il guérirait en un jour de sabbat, afin qu’ils trouvassent de quoi l’accuser ». Ils reconnaissaient ainsi sa toute-puissance, tout en manifestant leur propre incrédulité.
Le Maître omniscient leur posa la question suivante : « Est-il permis de faire du bien le jour de sabbat, ou de faire du mal ? de sauver la vie, ou de tuer ? » Pour les pharisiens, il s'agissait de choisir entre agir ou ne pas agir. Mais le Seigneur Jésus transforma cela en : faire le bien ou faire le mal. Ils ne purent pas répondre, mais « ils gardaient le silence ».
Il ajouta à cela, comme pour en souligner l'importance : « Quel sera l’homme d’entre vous, qui aura une brebis, et qui, si elle vient à tomber dans une fosse un jour de sabbat, ne la prendra et ne la relèvera pas ? Combien donc un homme vaut-il mieux qu’une brebis ! De sorte qu’il est permis de faire du bien le jour de sabbat. »
La prescription divine concernant le sabbat était claire : aucun travail ne devait être effectué le septième jour de la semaine (*). Cela signifiait donc : ne pas travailler pour gagner sa vie. Dieu n'a jamais interdit de faire le bien. Si chacun pouvait sortir son mouton d'un fossé dont il ne pouvait sortir seul, le Sauveur ne pouvait-il pas guérir quelqu'un qui ne pouvait s'aider lui-même ?
Peu après, le Seigneur Jésus fut probablement invité par un chef des pharisiens à venir manger chez lui. On a l'impression que tout cela n'était qu'un piège. Une fois de plus, ils l'espionnaient : ils cherchaient une occasion d'accuser le Sauveur d'avoir enfreint la loi. Il y avait là un homme atteint d'hydropisie. Il souffrait d'une accumulation de liquide dans son corps, peut-être un œdème.
Celui qui connaît les cœurs posa à nouveau une question à ses adversaires avant d'agir, à savoir s'il était permis de guérir quelqu'un le jour du sabbat. Curieusement, ils n'avaient à nouveau pas de réponse. Ils l'observaient, car ils s'attendaient – et espéraient en fait – qu'il guérisse l'hydropique, car alors ils auraient eu quelque chose à lui reprocher. Mais lorsque le Seigneur Jésus leur demanda simplement, si c’était mal de guérir ce pauvre homme, ils ne surent quoi répondre. Il le guérit alors.
Il déclara : « Qui sera celui de vous, qui, ayant un âne ou un bœuf, lequel vienne à tomber dans un puits (*), ne l’en retire aussitôt le jour du sabbat ? » Le corps du malade retenait tellement d'eau qu'il risquait de se noyer dans son propre liquide. Mais si l'on sauve même un animal de la noyade le jour du sabbat, pourquoi pas un être humain ?
C'était triste et lourd de sens : les disciples du Messie avaient faim ! Cela ne serait pas arrivé, si les Juifs avaient accepté Celui que Dieu avait envoyé. En traversant les champs de blé, ils cueillaient les épis mûrs et mangeaient les grains frais, exactement comme Dieu l'avait prescrit au livre de Deutéronome (*). Il n'était pas question d'aller moissonner la récolte du voisin avec une faucille. Après tout, c'était sa récolte ; la moissonner était un vol. Mais pour apaiser sa faim, on pouvait cueillir à la main ce dont on avait besoin à ce moment-là.
Ce que faisaient les disciples n'était donc pas du travail, mais la préparation d'un simple repas, car ils avaient faim. Les pharisiens ne faisaient-ils pas la même chose chaque sabbat ?
Le Seigneur Jésus a fait référence à deux exemples tirés de l'Ancien Testament. David, alors que lui et ses hommes avaient faim, a mangé des pains de proposition qui étaient en réalité destinés aux sacrificateurs (1*). Apparemment, c'était aussi le jour du sabbat que David a mangé les pains de proposition, car ce jour-là, douze pains frais étaient déposés dans le sanctuaire et les sacrificateurs mangeaient les anciens (2*). Cela n’était manifestement pas un comportement approuvé de Dieu, que sans raison de nécessité, un Israélite mange les pains de proposition. Mais David et ses hommes avaient faim et il n'y avait manifestement pas d'autres pains pour subvenir à leurs besoins. Le Seigneur Jésus a montré sa miséricorde en acceptant l'action du sacrificateur Akhimélec envers David.
De plus, ajouta-t-il, les sacrificateurs accomplissaient également leur travail chaque sabbat dans le temple et étaient pourtant innocents.
Il a alors mis le doigt sur le problème : ils n'avaient pas compris la parole du prophète Osée 6 v.6 : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice ». Ils manquaient d'amour, de compassion et de bonté. La nature de Dieu leur était étrangère ! S'ils l'avaient connu et avaient compris ses pensées, ils n'auraient pas « condamné ceux qui ne sont pas coupables ».
Ainsi, le Seigneur Jésus affirmait clairement qu'il n'y avait pas eu de transgression de la part de ses disciples. Dans Marc, il ajoute cette remarque importante : « Le sabbat a été fait pour l’homme, non pas l’homme pour le sabbat ». Dieu avait institué le sabbat afin que l'homme puisse se reposer de ses efforts pendant les six premiers jours de la semaine. Dans sa grâce, Dieu avait ainsi en vue l’homme et son repos pour récupérer de son travail. Les pharisiens y avaient ajouté des prescriptions qui faisaient du sabbat un véritable calvaire pour l'homme.
Si quelqu’un voulait ajouter de l’huile sur le feu, il pourrait répliquer que ce que faisait David n’était quand même pas en accord avec la pensée de Dieu exprimée dans ce cadre. Mais dans les trois Évangiles, le Seigneur Jésus conclut en disant que le Fils de l'homme est le Seigneur du sabbat. En fin de compte, il pouvait aussi disposer du sabbat comme il le voulait.
À Béthesda, un homme malade, probablement paralysé, était alité depuis 38 ans. Grâce aux paroles du Seigneur Jésus : « Lève-toi, prends ton petit lit, et marche », il fut guéri. Au lieu de se réjouir avec lui, les Juifs le réprimandèrent, car il ne devait pas porter son lit le jour du sabbat. Ils persécutèrent également le Seigneur Jésus, car Il avait profané le sabbat. Cette fois-ci, Sa défense fut très différente : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille ». Certes, Dieu s'était reposé de son œuvre le septième jour (*), mais pouvait-il encore se reposer alors que l'homme était perdu à cause de son péché ?
L'amour a poussé le Père et le Fils à travailler pour le salut des hommes perdus.
Dans Jean 7, le Seigneur Jésus est revenu sur ce sujet et a fait référence à la circoncision. Celle-ci était pratiquée le huitième jour. Même si cela tombait un jour de sabbat. Étaient-ils autorisés à circoncire un garçon le jour du sabbat, mais pas à guérir un homme ?