Enseigner que l’homme possède le libre arbitre a pour origine l’orgueil de l’homme naturel qui nie sa totale perdition. Celui qui n’a jamais eu une conviction vraiment profonde de péché court le risque de croire plus ou moins à cette notion de libre arbitre.
Puisque Christ est venu pour sauver ce qui est perdu, il n'y a plus aucune place pour le libre arbitre. Cela ne signifie toutefois pas que Dieu empêcherait les hommes d'accepter Christ. Au contraire ! Il met tout en œuvre pour amener l'homme à Christ. Mais même si Dieu utilise tout ce qui peut influencer d'une manière ou d'une autre le cœur d'un homme, il est tout aussi clair que l'homme ne veut rien savoir de tout cela, que son cœur est tellement corrompu et sa volonté tellement contraire à celle de Dieu que rien ne peut le pousser à accepter le Sauveur et à rompre avec le péché.
Si quelqu'un entend par libre arbitre que personne ne contraint l'homme à rejeter le Seigneur Jésus, il a raison. Mais s'il veut dire par là que l'homme possède en lui-même la capacité de choisir entre le bien et le mal, il se trompe lourdement. Non, un homme qui est sous la domination du péché et est esclave du péché, il lui est impossible de sortir de cet état et de rechercher le bien, « parce que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Romains 8 v.7-8).
Ceci nous amène au cœur du sujet. Le vieil homme est-il transformé, enseigné et sanctifié ? Ou bien recevons nous une nouvelle nature pour être dans l’état de celui qui est sauvé ? La Parole de Dieu nous enseigne la seconde option. L'homme veut la première en pensant que Christ le rétablit dans sa position d'enfant de Dieu. Mais cela n'est pas le salut.
Je vois dans les Écritures et je reconnais en moi-même la chute totale de l’homme. Je vois que la croix est le dernier recours utilisé par Dieu pour gagner le cœur de l'homme. Et cela prouve que le cœur humain est fermé à Dieu. Dieu a utilisé tous les moyens à sa disposition, et l'homme a montré qu'il était incorrigiblement mauvais.
La croix de Christ condamne l'homme et a anéanti le péché. Cependant, parce qu'un Autre a pris sur Lui ce jugement que Lui ne méritait pas, la croix offre le salut à tous ceux qui croient. Le jugement, la condamnation, le salaire du péché, sont derrière nous qui avons cru ; la nouvelle vie par la résurrection en est la conséquence, et nous l’avons reçue lors de la nouvelle naissance. Nous sommes morts au péché, mais vivants à Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur.
Si nous ne retenons pas cette vérité concernant le vieil homme, le mot « rédemption » perd toute sa force. S'il s'agissait d'un ennoblissement ou d'une amélioration de l'ancienne nature, il n'y aurait pas de rédemption par l'œuvre accomplie par le Seigneur Jésus-Christ. La Bible nous enseigne la mort du vieil homme et sa juste condamnation, en suite le salut apporté par Christ, ainsi qu'une vie nouvelle, la vie éternelle, qui est communiquée à tous ceux qui croient.
Certains prétendent que l'homme peut choisir sans aucune contrainte – donc de son plein gré – et qu'ensuite, le vieil homme est amélioré par la cause à laquelle il s'est rallié. Dans ce cas, le premier pas se ferait sans la grâce. Notre conversion proviendrait de notre propre action. Nous aurions alors le droit de nous en vanter.
L'homme n'a pas de libre arbitre pour choisir le bien. Il doit obéir et se réjouir dans la paix de Dieu. Sa joie doit être de vivre dans la dépendance de Dieu. Dans son état de péché, séparé de toute forme de bien, totalement corrompu et ayant son plaisir dans le péché, comment un homme pourrait-il alors en arriver à choisir le bien ? S'il doit choisir le bien, cela prouve qu'il ne le possède pas. Il devrait donc choisir quelque chose qui lui est étranger et qu'il ne désire pas du tout ? Quelle cruauté que d'imposer des devoirs religieux et moraux à l'homme qui est sous l'emprise du mal !
Dans le jardin d'Éden, l'homme était libre et jouissait du bien. Et comment a-t-il utilisé sa volonté ? Il a transgressé le commandement de Dieu et est devenu un pécheur. Le laisser libre de ses choix après qu'il ait décidé de faire le mal aurait été cruel. Lorsqu'il a perdu sa dépendance de Dieu, il est devenu un serviteur, un esclave du péché. L'homme a effectivement une volonté et des désirs, mais ceux-ci ne le mènent qu'à tout ce qui est mauvais. Il ne prend aucun plaisir au bien. Dieu l'a mis à l'épreuve de toutes les manières possibles et lui a laissé le choix. Mais ce n’est en aucun cas parce que l’homme est capable de choisir, que Dieu a agi de cette manière, mais afin de le convaincre dans sa conscience, qu’il ne peut absolument pas prendre plaisir dans le bien et en Dieu. Les hommes ne connaissent ni eux-mêmes, ni Dieu.