Table des Matières de la série 2

Chanter à la gloire de Dieu

La foi de Rahab

Maître et esclave

Les disciples de Jean le Baptiseur

Prière et Ministère de la Parole

Appellès

Baptiser de l’Esprit Saint et de feu

La vallée de Hinnom

Les sommets de montagnes

Pour conclure – La crucifixion

Chanter à la gloire de Dieu

1

Apprends-nous, Seigneur, à te faire confiance

et à suivre le chemin de ta volonté.

Apprends-nous à compter sur Ta bonté,

apaise-nous, calme-nous.

Seigneur, Ta main fidèle et puissante

nous conduit vers la patrie.

2

Apprends-nous à te confier

nos désirs, nos besoins.

Quoi qu’il arrive dans notre vie,

rien n’est trop grand pour Toi, Seigneur.

Seigneur, Ta main fidèle et puissante

nous conduit vers la patrie

3

Apprends-nous à attendre ton heure,

à croire que tu nous entends.

Apprends-nous à obéir à ce que Tu dis,

afin que nous marchions selon Ta Parole.

Seigneur, Ta main fidèle et puissante

nous conduit vers la patrie

Traduction du cantique 174 du recueil intitulé « Geestelijke liederen »
J.Ph. Buddingh (1927-2012)

Parfois, dans un cantique, nous nous adressons à nos semblables : aux non-croyants, souvent pour leur transmettre un message de l'Évangile ; aux croyants, par exemple pour partager quelque chose sur la grandeur et l'amour de Dieu ; ou encore à nous-mêmes. Dans d’autres cantiques, nous nous adressons à Dieu ou au Seigneur Jésus. Il s’agit souvent d’actions de grâce ou de louanges, mais ici, le cantique est une prière du début à la fin. C’est une demande adressée à notre Seigneur et Maître afin qu’Il nous enseigne certaines choses. À cinq reprises, nous Lui demandons : « Apprends-nous ... ».

Dans la « prière d’introduction » du premier couplet, nous Lui demandons de nous enseigner à Lui faire confiance et à vivre selon Sa volonté. Et, dans la foulée, à nous appuyer sur Sa bonté. Ce sont là les vertus de l’homme pieux. Il n’y a pas grand-chose à expliquer, ce n’est pas difficile de comprendre ce que cela signifie, mais c’est peut-être plus difficile de mettre en pratique ces vertus dans notre vie.

C'est lorsque les problèmes et les difficultés s'accumulent que l'on voit clairement si nous avons confiance en Dieu. C'est lorsque l'adversité s'intensifie que l'on voit si nous sommes vraiment prêts à suivre le chemin qu'Il nous indique. Il permet que de telles choses se produisent dans notre vie, car Il veut nous mettre à l'épreuve. Non pas parce qu'Il veut savoir ce qu'il y a réellement dans notre cœur, car pour l'Omniscient, cela ne fait aucun doute pour Lui, mais Il veut que nous apprenions à connaître notre propre cœur. Tout comme cela s’est produit pour Job. Le but de Dieu est alors que nous puissions juger en nous-mêmes ce qui n’est pas conforme à Sa pensée.

La prière du deuxième couplet s'inscrit dans cette lignée et y est étroitement liée : il s'agit d'apprendre à nous abandonner entièrement à Lui. Nous exprimons ainsi que nous ne pouvons pas nous en sortir seuls, mais que nous remettons tout entre Ses mains. N'est-ce pas là le mieux qui soit ? Si nous avons un Père tout-puissant, pourquoi nous épuiserions-nous sans espoir de résultat ? N’est-il pas insensé de ne pas faire usage de Sa grande puissance qui est à notre disposition ?

Et pourtant, nous sommes parfois si têtus. À chaque fois, l'inquiétude nous envahit – parfois à propos de grandes difficultés, mais parfois aussi à propos de choses tout à fait insignifiantes. Nous savons pourtant qu'il n'y a rien de trop grand pour Lui. Il n'existe tout simplement rien pour Sa toute-puissance. De plus, nous savons qu’il n’y a rien de trop petit pour Lui non plus. S’Il compte même le nombre de cheveux sur notre tête, s’Il maintient les molécules et les atomes à leur place, il n’y a rien d’imaginable qui, en ce qui nous concerne, Lui semble trop insignifiant pour qu’Il s’en occupe.

La prière du troisième couplet concerne quelque chose qui nous est peut-être très difficile : attendre Son heure. Pour certains, c’est plus difficile que pour d’autres, mais nous devons tous apprendre à attendre sereinement le moment choisi par Dieu. Comme le dit une comptine pour enfants : « J’aligne ma vie sur l’horloge de Dieu, Son temps est toujours le bon ! »

Notre difficulté réside souvent dans le fait que nous savons exactement comment Dieu doit résoudre nos problèmes, et en même temps, nous savons aussi exactement quand cela doit se produire – c'est-à-dire : généralement tout de suite ! Dans ce domaine, nous avons en effet encore beaucoup à apprendre.

Comme c’est beau que chaque couplet se termine par la certitude que Sa main fidèle et puissante nous conduira sûrement dans notre patrie !

Savoir cela nous procure une immense paix. Nous atteindrons en toute sécurité notre but ultime : le pays de Dieu le Père, la gloire céleste. Personne ne peut nous arracher des mains du Père et du Fils (Jean 10:28-29). Quoi qu’il arrive dans notre vie, nous sommes en sécurité pour l’éternité. Sur le chemin qui y mène, Il veut nous guider et nous former. C’est une bénédiction de marcher en tenant Sa main.

La foi de Rahab

Israël était sur le point d'entrer dans la terre promise de Canaan, mais le Jourdain – alors un fleuve puissant dont le niveau d'eau était très élevé, débordant jusqu'à ses rives – constituait un obstacle majeur. Dieu avait promis au peuple : « Tout lieu que foulera la plante de vos pieds, je vous l'ai donné » (Josué 1:3). Les Israélites avaient les promesses de Dieu noir sur blanc, dans les Livres de Moïse. Rahab, en tant qu’habitante de Canaan, n’avait toutefois entendu parler que de la manière dont Dieu avait libéré son peuple d’Israël d’Égypte et l’avait aidé dans la lutte contre Sihon et Og, les rois des Amoréens (Josué 2:9-11).

Tous les habitants de Jéricho en avaient entendu parler, mais seule Rahab y crut !

On ne voyait encore aucun signe de la conquête du pays. Jéricho était la première ville que rencontrait le peuple, et c'était une ville fortifiée avec des hauts murs épais et des portes solides, presque impossible à prendre. Rahab accordait cependant plus d'importance à ce que Dieu avait dit qu'à ce qu'elle voyait de ses propres yeux. Cette foi lui a sauvé la vie – et constitue un grand exemple pour nous !

Maître et esclave

La veille de sa crucifixion, le grand Maître, le Seigneur Jésus, était réuni avec ses disciples. Il voulait partager avec eux le repas de la Pâque. Et Judas était encore présent. Alors qu’Il souhaitait leur expliquer la signification de l’agneau immolé et des herbes amères, les disciples contestaient entre eux « pour savoir lequel d’entre eux serait estimé le plus grand » (Luc 22:24). Voici la raison de cette dispute : l’un d’entre eux devait accomplir le service d’un esclave consistant à laver les pieds des autres, mais tous se sentaient au-dessus de ce service. Quelle honte ils ont dû ressentir lorsque leur Maître s’est levé et leur a lavé les pieds (Jean 13:2-5), même à Judas !

C'était ce qu'on appelle un enseignement par l'exemple. Quelle force cela a ! Après avoir accompli ce service d'humilité, le Maître l'expliqua (Jean 13:12-15). Il ajouta : « L’esclave n’est pas plus grand que son seigneur » (Jean 13:16).

Sommes-nous prêts à être les serviteurs des Siens ? À nous mettre à genoux devant nos frères et sœurs ? Il est facile de répondre rapidement « oui » à cette question et de le penser sincèrement, mais en réalité, il est malheureusement bien plus difficile de le pratiquer.

C'est l'orgueil qui l’orgueil qui est à l’origine du premier péché ; et, comme on l'a parfois dit à juste titre, l'orgueil est le dernier des maux qui meurt chez l'homme. Le Seigneur Jésus pouvait dire en toute vérité de Lui-même qu'Il est « débonnaire* et humble de cœur » (Matthieu 11:29). Il vit en nous et est notre Modèle. Si notre Maître est ainsi, nous devons, comme Ses serviteurs, l’être aussi.

(*) « débonnaire » = « plein de douceur et de bonté »

Plus tard dans la soirée, en route vers le jardin de Gethsémané, le Seigneur Jésus le répéta à ses onze disciples : « L’esclave n’est pas plus grand que son maître » (Jean 15:20). Cela signifiait qu’ils ne devaient pas s’attendre à un meilleur traitement de la part des hommes que celui qu’Il avait reçu. « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ».

Sommes-nous prêts à suivre le Seigneur Jésus dans son chemin de rejet, à supporter les outrages du Christ ?

Nous avons été unis à l'Homme Christ Jésus glorifié dans les cieux et nous partageons là-haut sa position auprès de Dieu. Partageons-nous également sa position de mépris et de rejet sur la terre de la part des hommes ?

Les disciples de Jean le Baptiseur

L'Ancien Testament se termine par l'annonce de la venue du héraut du Messie : « Voici, je vous envoie Élie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l’Éternel » (Malachie 4:5). Au début du Nouveau Testament, nous le voyons apparaître et prêcher : Jean le Baptiseur *.

Il était la « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, faites droits ses sentiers » (Marc 1:3). Il prêchait : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché » (Matthieu 3:2). En tant que précurseur du Christ, il appelait les hommes à se préparer pour pouvoir Le recevoir et L’accueillir.

Parole et prière

Beaucoup l’écoutaient, recevaient sa prédication et se faisaient baptiser. Un grand nombre de personnes restaient avec lui ; on les appelait ses disciples.

C’étaient des gens bénis : ils entendaient la proclamation de la Parole de Dieu et Jean les enseignait comment prier dans ces nouvelles circonstances *. Dieu leur parlait par Jean, et Jean leur montrait comment s’adresser à Dieu.

L’Esprit de Dieu agissait pour susciter en Israël un résidu fidèle qui recevrait le Messie avec joie.

Le choix

Un moment très important s’est produit lorsque le Messie lui-même est apparu. Le Seigneur Jésus est baptisé par Jean dans le Jourdain. Dieu avait dit auparavant à Jean : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre, et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise de l’Esprit Saint » (Jean 1:33). C’est pourquoi Jean le désigna en disant : « Voici l’Agneau de Dieu » (versets 29 et 36).

Les disciples de Jean se trouvaient désormais à un tournant important de leur vie. Que devaient-ils faire ? Rester fidèles à Jean, dont ils avaient accepté la prédication ? Ou suivre le Messie, dont leur maître avait annoncé la venue et qu’il leur avait désigné ?

Au moins deux des disciples de Jean firent le bon choix et suivirent le Seigneur Jésus *. Il s’agissait d’André et de Jean, deux des futurs douze apôtres. Ils restèrent auprès de Lui et Le suivirent durant trois ans pendant Son ministère sur la terre.

Les autres disciples de Jean firent un autre choix : ils restèrent auprès de Jean. C'est en fait difficile à comprendre. La mission de Jean consistait justement à annoncer la venue du Messie et à appeler les hommes à se préparer à l'accueillir. Et quand le Messie arrive, ils ne le suivent pas !

Rivalité

Leur mauvais choix de ne pas suivre le Seigneur Jésus a inévitablement conduit à des problèmes. Pendant un court moment, Jean le Baptiseur et le Seigneur Jésus ont prêché simultanément, alors que le Sauveur « fait et baptise plus de disciples que Jean » (Jean 4:1). Cela semble avoir rendu jaloux les disciples de Jean.

Jean 3:25 fait état d’une dispute entre eux et un Juif au sujet de la purification – peut-être quelqu’un qui avait bien été baptisé par le Seigneur Jésus et qui le suivait. Le contexte du passage * nous laisse supposer que la question controversée était la suivante : quel baptême purifiait davantage ou mieux, celui de Jean ou celui du Seigneur Jésus ?

Tout Juif savait, d’après l’Ancien Testament, que les ablutions servaient à la purification. Or, si l’on voulait être purifié de ses péchés, valait-il mieux aller à Jean ou à Jésus le Nazaréen pour se faire baptiser ?

Lorsqu’ils viennent poser cette question à Jean, il est clair qu’ils s’opposent les un aux autres : « Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, à qui tu as toi-même rendu témoignage, voilà, il baptise, et tous viennent à lui » (Jean 3:26).

Ils reçoivent de leur maître une magnifique réponse. Jean était bien au-dessus de cette mesquine jalousie et témoigne : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue » (Jean 3 v.30). Le véritable serviteur s’efface lui-même pour que le Seigneur Jésus passe au premier plan et que l’attention soit fixée sur Lui.

Le jeûne

Les disciples de Jean avaient choisi de ne pas suivre le Seigneur Jésus. Peu de temps après, ils ont en quelque sorte une seconde chance : leur maître Jean est jeté en prison par Hérode. Qu’allaient-ils faire : « changer de camp » et rejoindre les disciples du Seigneur Jésus ? Malheureusement, ils restèrent fidèles à leur décision et se tenaient à l'écart du Sauveur. Cela ne pouvait bien sûr pas bien se terminer.

À un moment donné, ils se sont même rangés du côté des pharisiens ! Les disciples de Jean comme ceux des pharisiens avaient l’habitude de jeûner régulièrement – alors, ils sont venus voir le Seigneur Jésus pour lui demander pourquoi ses disciples ne le faisaient pas *.

C’était peut-être simplement une demande d'explication, mais n'y a-t-il pas aussi une pointe de désapprobation ? En réalité, c'était un reproche : eux s'abstenaient de nourriture, eux faisaient des efforts – et les disciples du Seigneur Jésus en profitaient, ce n'était tout de même pas spirituel !

C'est là un esprit de légalisme. Les pharisiens en étaient caractérisés, mais les disciples de Jean s'y sont ralliés.

C'est clair : la grâce est venue par le Seigneur Jésus. Cependant, lorsqu'ils ont choisi de ne pas Le suivre, ils n'avaient rien d'autre que la loi comme fondement.

Le Seigneur Jésus leur a clairement fait comprendre : Il était Lui-même l’Époux et Il était avec eux, comment auraient-ils donc pu être tristes et jeûner ?

De même, Il est toujours avec nous aujourd’hui, nous Le voyons par la foi ; c’est pourquoi nous pouvons, nous aussi, nous réjouir en Lui en tout temps *. La vie chrétienne n’est pas marquée par la tristesse et le jeûne, mais par la joie en notre Sauveur !

Incompréhension

Depuis sa prison, Jean le Baptiseur envoya quelques-uns de ses disciples vers le Seigneur Jésus avec cette question : « Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Matthieu 11:2-3).

Cela ne signifie pas que Jean doutait que le Seigneur Jésus fût bien le Christ de Dieu, mais cela montre qu’il ne comprenait pas que lui était en prison alors que le Roi était là. Le Seigneur Jésus manifestait partout la grande puissance de Dieu par des miracles et des signes ; comment son héraut pouvait-il alors être en prison ?

Jean le Baptiseur et ses disciples ne comprenaient pas, pas plus que les disciples du Sauveur lui-même, que le temps n’était pas encore venu où Il s’assoirait sur le trône. Il allait être rejeté, renié et crucifié. Même les onze n’en avaient pas pris conscience, bien que le Seigneur Jésus le leur eût dit ouvertement et clairement. Marie de Béthanie est la seule, d’après ce que nous dit l’Écriture, à avoir compris qu’Il allait mourir, être enseveli et ressusciter d’entre les morts.

Pour les disciples de Jean le Baptiseur, le principe général s’appliquait : celui qui ne marche pas avec le Seigneur Jésus ne peut comprendre beaucoup de choses.

Tristesse

La dernière chose que nous entendons au sujet des disciples de Jean est belle et encourageante : lorsque Hérode l’eut fait décapiter en prison, ils ont enterré leur maître et « s’en allant, ils rapportèrent à Jésus ce qui était arrivé » (Matthieu 14:12).

La mort de Jean a dû les bouleverser profondément, mais ils sont allés voir le Seigneur Jésus pour lui faire part de leur chagrin. Comme cela aurait été merveilleux s’ils étaient restés auprès de lui dès ce moment-là !

Prière et Ministère de la Parole

Les apôtres ont dit : « Nous, nous persévérerons dans la prière et dans le service de la parole » (Actes 6:4). Cet ordre est important !

Nous avons naturellement tendance à mettre la prédication de la Parole en premier lieu, car c’est un service que l’on voit et entend. N’est-ce pas une bénédiction pour beaucoup ?

Mais les apôtres ont d’abord mentionné la prière. Il est bien sûr tout à fait vrai que Dieu, dans sa grâce souveraine, peut bénir la proclamation de sa Parole en tout temps et en tout lieu, même si elle est faite par un prédicateur qui n’est pas lui-même né de nouveau. En ce qui concerne notre responsabilité, cependant, la prière précède la prédication.

S'agenouiller dans le silence devant notre Dieu et Père, pour exprimer notre dépendance envers Lui et prier pour recevoir direction et force, ainsi que pour une bénédiction, est absolument nécessaire pour Le servir de manière qui lui soit agréable. Les auditeurs peuvent être impressionnés par un prédicateur, mais Dieu désire des serviteurs qui se sont mis à genoux.

Après la glorieuse victoire sur Jéricho dans Josué 6, le peuple d’Israël subit une défaite humiliante à Aï. Certes, la perte de 36 hommes n’était pas si importante d’un point de vue militaire, mais ce fut un coup dur pour leur fierté. Leur ivresse de la victoire prit fin brutalement.

C'était la conséquence de la transgression d'Acan, qui avait pris ce qui était voué à l'anathème *, mais aussi de l'orgueil et de la confiance excessive de tout le peuple **. Ils attribuaient la victoire que l'Éternel leur avait donnée à Jéricho à leur propre force.

Les Israélites pensaient avoir toutes les raisons de craindre de ne plus jamais connaître la plénitude de la victoire de Dieu. S’ils n’avaient pas été capables de prendre une si petite ville, comment pourraient-ils jamais conquérir tout le pays de Canaan avec ses géants ?

Nous pouvons être tentés de croire la même chose. Nous n’aimons pas penser aux défaites passées. Nous préférons nous en détourner et essayer de remporter une victoire ailleurs. Mais Dieu ne nous aidera pas davantage tant que nous n’aurons pas fait l’expérience de Sa victoire à Aï.

Ce qui était mauvais de notre côté doit être radicalement mis de côté : Acan a été lapidé et brûlé avec tout ce qu’il possédait dans la vallée d’Acor *. Si nous enlevons les obstacles, Dieu peut alors nous bénir.

Achor est la vallée de la « misère, du malheur ou de la tristesse ». Telles sont toujours les conséquences de la désobéissance à Dieu. Combien de malheurs dans notre vie avons-nous à nous reprocher ?

Dieu est cependant plein de grâce. Dans la vallée de nos problèmes, Il se glorifiera d’une manière particulière en réponse à notre repentance et à notre confession.

Ce n’est pas que Dieu pardonne lentement et avec parcimonie, et ensuite qu’Il manifeste de nouveau Sa grâce prudemment, petit à petit. Chez Lui, le pardon est total en réponse à une confession sincère. Il pardonne plus vite que nous ne le croyons souvent, car il s’agit de Sa gloire, et non de notre honneur. Si de notre côté, nous continuons à être occupés de nos échecs, de Son côté, tout est déjà réglé dès notre confession.

Dans Actes 1:4, le Seigneur Jésus a ordonné à ses disciples de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais c’était précisément l’endroit où ils l’avaient tous abandonné et où Pierre l’avait même renié !

Et lorsque le Saint-Esprit fut répandu, c’est précisément Pierre qui fut l’instrument entre les mains de Dieu pour s’adresser au peuple (Actes 2:14-36). Cela s’est produit pour une bonne raison : cela a permis de mettre en évidence, d’une manière unique, la miséricorde du Seigneur Jésus.

Le chemin sur lequel nous marchons est traversé par des échecs personnels de notre passé. L’échec n’est pas un état définitif et ne doit pas nécessairement déterminer notre avenir.

Lorsqu’il y a repentance, pardon et purification du péché, le Seigneur Jésus est capable de faire plus que ce que nous pouvons demander ou imaginer.

Appellès

Les hommes jugent les choses d’une manière totalement différente de Dieu. Ce qui est élevé à leurs yeux est une abomination pour Lui *. Et ce qui ne compte pas pour les hommes est souvent précieux pour Dieu. Ainsi, le Saint-Esprit ne donne d’Appellès qu’une seule description : « approuvé en Christ » (Romains 16:10). Nous n’en savons pas plus sur lui, mais cette seule chose est précieuse aux yeux de Dieu.

On ne peut être considéré comme ayant fait ses preuves qu'après avoir été mis à l'épreuve et avoir « réussi » cette épreuve.

Nous ne savons pas si Appellès était un frère doté de dons remarquables, s’il exerçait un ministère en public et était connu de tous, ou si ses frères dans la foi estimaient qu’il devait être un serviteur particulier du Seigneur. Ce n’est d’ailleurs pas du tout de cela qu’il s’agit.

Dieu a vu que ce frère était resté ferme dans l’épreuve auprès de Christ. Qu’il ne s’était pas laissé décourager par l’adversité, et s’est maintenu dans le chemin de la foi. C’est cela que Dieu apprécie grandement. Quel exemple cet Appellès est-il pour nous !

Baptiser de l’Esprit Saint et de feu

Jean le Baptiseur prêchait l’Évangile du royaume : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché » (Matthieu 3:2). Il baptisait d’eau ceux qui acceptaient son message.

Il disait alors aux gens : « Moi, je vous baptise d’eau pour la repentance ; mais celui qui vient après moi ... lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu » (Matthieu 3:11).

Jean le Baptiseur prêchait aux Juifs, et ce qu’il disait au sujet du baptême du Saint-Esprit et de feu par le Messie, concernait Israël.

Comme le peuple élu a rejeté le Christ envoyé par Dieu, l’accomplissement de cette promesse a été « suspendu ». Elle s’accomplira lors du retour de Christ. C’est ce dont parle le prophète Joël.

« Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards songeront des songes, vos jeunes hommes verront des visions ; et aussi sur les serviteurs et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit. — Et je montrerai des signes dans les cieux et sur la terre, du sang, et du feu, et des colonnes de fumée » (Joël 2:28-30).

Ici, il apparaît clairement deux choses : Dieu répandra son Esprit sur la partie croyante d’Israël, mais le feu sur ceux qui ne croient pas en Lui et en son Messie.

Jean le Baptiseur l'explique ainsi : « Lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu. Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans le grenier ; mais il brûlera la balle au feu inextinguible » (Matthieu 3, 11-12).

Les Israélites croyants sont représentés par le froment : ils peuvent entrer dans le royaume du Christ et l’Esprit est répandu sur eux. Les incroyants, l’ivraie, sont jetés dans le feu éternel. Eux, ils sont baptisés de feu !

Comment devons-nous alors comprendre que Pierre, dans Actes 2:16-21, cite la prophétie de Joël et déclare qu’elle s’est accomplie ce jour-là à Jérusalem ? En ce jour de la Pentecôte, il y a eu un accomplissement anticipé ; il s’agissait d’ailleurs d’un accomplissement partiel. Certes, le Saint-Esprit a été répandu, mais personne n’a été jeté dans le feu du jugement.

Nous avons « les prémices de l’Esprit » (Romains 8:23) – c’est-à-dire les premiers fruits. L’effusion de l’Esprit est présentée comme une moisson prodigieuse. Cette moisson sera récoltée lors du retour du Christ. Cependant, avant que la grande moisson ne soit « mûre », il y a déjà les premiers fruits, en quelque sorte les précurseurs de la grande moisson. C’est ce qui s’est passé dans Actes 2. Nous y participons nous aussi aujourd’hui. Dieu a répandu son Esprit sur tous ceux qui acceptent aujourd’hui le Seigneur Jésus comme le Christ de Dieu et comme leur Sauveur et Rédempteur.

Par le baptême du Saint-Esprit, Dieu a en outre formé l’Église, réunissant les croyants en un seul corps *. C’est pour nous une bénédiction par laquelle l’accomplissement préliminaire l’emporte sur l’accomplissement définitif à venir.

Dans Sa grâce, le Seigneur Jésus n’a pas appliqué le baptême de feu dans Actes 2. Cela n’aurait d’ailleurs pas eu sa place dans notre dispensation de la grâce. À la fin, cependant, tous ceux qui ne se sont pas inclinés devant Dieu pour confesser leurs péchés seront baptisés de feu. Ils seront jetés dans l’étang brûlant de feu et de soufre. C’est tout à fait juste, mais cela n’en reste pas moins horrible.

Pour eux, le salut est actuellement possible, car la croix du Seigneur Jésus suffit à tous. Ceux qui ne le veulent pas en subiront les conséquences.

La vallée de Hinnom

On ne peut affirmer avec certitude qui était Hinnom, mais d'après Josué 15:8 et 18:16 *, on pourrait en déduire qu'il était un habitant de la ville cananéenne de Jébus, l'ancien nom de Jérusalem. Son nom signifie « chant funèbre, lamentation ». La vallée située au sud de la ville lui appartenait apparemment et porte son nom ainsi que celui de sa descendance.

Selon les deux versets mentionnés en Josué, cette vallée formait la frontière entre les territoires des tribus de Juda et de Benjamin. La future ville royale de Jérusalem se trouvait juste au nord de cette frontière et appartenait à la tribu de Benjamin.

La vallée de (du fils de) Hinnom est surtout connue pour le culte idolâtre abominable qui y était pratiqué : les gens y sacrifiaient leurs propres enfants à Moloch, le dieu des Ammonites. Le roi impie Achaz, père d’Ézéchias, commit ce péché abominable *, et Manassé, fils d’Ézéchias, avant de se repentir sincèrement, se rendit coupable du même mal **. Le roi Josias, cependant, sous le règne duquel Dieu accorda à son peuple le dernier réveil avant d’être déporté à Babylone, a radicalement aboli ce culte répugnant ***.

Ce dernier verset nous permet de déduire que le Tophet a été construit dans la vallée de Hinnom : apparemment un temple païen dans lequel les Israélites faisaient « passer par le feu leur fils ou leur fille pour Moloch ». Cela signifie donc bel et bien qu’ils les sacrifiaient. C’est ainsi que cela est formulé dans Jérémie 7:31 : « Ils ont bâti les hauts lieux de Topheth, qui est dans la vallée du fils de Hinnom, pour brûler au feu leurs fils et leurs filles ».

Le mot « Topheth » signifie d’ailleurs « foyer » ou « bûcher ». Il existe également une interprétation selon laquelle il signifierait « (bruit de) tambours ». Cela ferait alors référence au tambourinage bruyant qui était pratiqué près du bûcher pour couvrir les pleurs et les cris des pauvres enfants. L’homme sans Dieu est capable des choses les plus horribles ! Dieu ajoute dans le dernier passage : « Ce que je n’ai point commandé et qui ne m’est point monté au cœur ». Comme Dieu est bon, et comme l’homme est dépravé !

Combien d'enfants à naître sont aujourd'hui sacrifiés sur l'autel de la commodité et du plaisir, sous prétexte qu'ils empêcheraient leurs parents de profiter de la vie, ou qu'ils ne cadrent pas avec les projets de leurs parents, simplement parce qu’ils ne sont pas les bienvenus ?

Combien d’enfants sont sacrifiés plus tard sur l’autel de la prospérité et de la réussite, élevés pour réussir dans ce monde, tandis que leur âme en souffre ? Combien de parents chrétiens accordent plus d’importance à la carrière de leurs enfants dans cette vie qu’à ce que le Seigneur Jésus représente pour eux et à ce qu’ils peuvent représenter pour Lui ?

Dans Jérémie 19:2, on trouve une deuxième signification de la vallée du fils de Hinnom : « Va … vers la vallée du fils de Hinnom, qui est à l’entrée de la porte de la poterie ». La vallée de Hinnom était également la décharge municipale de Jérusalem. Un feu y brûlait, alimenté sans cesse par un flot d’excréments et de déchets apportés depuis la ville.

C'était le lieu du feu « éternel », un lieu profondément impur. Les habitants de Jérusalem jetaient dans ce feu tous leurs déchets et leurs ordures mais aussi leurs propres enfants. C'était un véritable enfer !

Dans le Nouveau Testament, l'enfer est désigné par le mot grec « gehenna », dérivé de l'hébreu « Ge-Hinnom » (vallée de Hinnom). Dans cette perspective, les paroles du Seigneur Jésus en Marc 9:43-48 : « … d’aller dans la géhenne, dans le feu inextinguible … là où leur ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas ». Cette idolâtrie païenne et ce culte sacrificiel étaient si abominables aux yeux de Dieu qu’Il a utilisé le nom de ce lieu pour désigner l’horreur de l’étang de feu éternel !

Dans Ésaïe 30:27-33 *, le jugement sur l'Assyrie est annoncé : le lieu où il sera brûlé, a été préparé. Ce jugement sera exécuté lors du retour du Christ. « Pour le roi aussi il est préparé » (Ésaïe 30:33). Ce roi, c’est l’Antéchrist. Dieu utilisera l’Assyrien comme instrument de châtiment pour exercer le jugement sur les Juifs apostats qui auront accepté l’Antéchrist. Ensuite, Dieu jugera l’Assyrien lui-même avec l’Antéchrist. « Son bûcher est du feu et beaucoup de bois : le souffle de l’Éternel, comme un torrent de soufre, l’allume ». Ce lieu où il est passé par le feu, est le Topheth.

Le dernier verset du prophète Ésaïe fait allusion à ce lieu de feu : « Ils sortiront, et verront les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi ; car leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s’éteindra pas, et ils seront en horreur à toute chair » (Ésaïe 66:24).

Cela parle du temps où Christ règne sur le ciel et la terre. À chaque nouvelle lune et à chaque sabbat, les gens se rendront à Jérusalem pour s’agenouiller devant Christ assis sur Son trône *. Ils verront alors dans la vallée de Hinnom un feu qui brûle sans cesse, dans lequel se trouvent les corps de tous ceux qui se rebellent contre le Roi des rois.

Même pendant le règne de paix, les hommes se rebelleront ouvertement contre Lui. Chaque matin, le Seigneur Jésus rendra la justice et fera périr les impies (Psaume 101:8) *. Leurs corps seront jetés dans le feu. Mais quelle horreur : leur ver ne meurt pas. Cela signifie que leurs corps ne seront pas consumés, qu’ils ne se transformeront pas en cendres ni ne se décomposeront, mais qu’ils serviront de nourriture permanente aux flammes. Pour tous ceux qui le verront, ce sera une horreur et un avertissement.

Ce qui, dans ce verset, parle du royaume millénaire de paix, le Seigneur Jésus lui-même l'applique, dans Marc 9 *, à l'horreur éternelle de l'étang brûlant de feu et de soufre.

Quelle grâce que le Sauveur nous ait délivrés de ce jugement, en le portant Lui-même.

Les sommets de montagnes

Dans Matthieu 16:21 *, le Seigneur Jésus a commencé à parler à ses disciples de ses souffrances et de sa mort. Ils allaient encore l’entendre à maintes reprises. Cependant, il ne leur a pas seulement parlé de sa mort, mais aussi de sa résurrection.

Pierre s’opposa à l’idée de la souffrance et de la mort de son Maître. Alors le Seigneur lui dit : « Va arrière de moi, Satan ! » (verset 23). Il ne peut y avoir de résurrection sans une mort préalable. Il semble que Satan ait voulu empêcher la mort du Christ afin d’éviter Sa résurrection victorieuse.

Pierre fut alors conduit au sommet d'une montagne pour vivre une expérience qui prouvait que la mort n'est pas la fin de la vie (Matthieu 17:1-8) *. Lorsqu’il y vit le Seigneur Jésus avec Moïse et Élie, Pierre proposa de leur construire trois tentes, notamment parce qu’il voulait immortaliser cette scène. Dieu réprimanda Pierre depuis la nuée : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le » (Matthieu 17:5).

Dieu fait faire des expériences extraordinaires, mais elles ne servent qu’à confirmer ce qu’Il a déjà dit. Ce que nous voyons au sommet de la montagne est destiné à renforcer notre foi dans les vallées de la vie.

« Écoutez-Le ! » Nous devons apprendre à ne pas faire ce que nous estimons juste, mais à ne faire en tout que ce qu’Il nous dit. C’est dans ce but que nous avons reçu les Saintes Écritures, ce précieux Livre de Dieu.

Dieu a fait descendre Pierre du sommet de la montagne avec un message pour l’Église : « Nous, nous entendîmes cette voix venue du ciel, étant avec lui sur la sainte montagne. Et nous avons la parole prophétique rendue plus ferme, (à laquelle vous faites bien d’être attentifs, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur), jusqu’à ce que le jour ait commencé à luire et que l’étoile du matin se soit levée dans vos cœurs » (2 Pierre 1:18-19).

Les sommets des montagnes nous enseignent que tout ce que Dieu dit est vrai et s’accomplira. Ce qui nous est donné en attendant, c’est la Parole écrite, afin que nous obéissions au Fils de Dieu et que nous ne voyions que Lui !

Pour conclure – La crucifixion

Devant la vitrine d’une librairie chrétienne est accrochée une magnifique peinture représentant la crucifixion. Un petit garçon se tient devant et l’observe attentivement. Un homme d’un certain âge s’approche, le voit regarder ainsi et lui demande : « Sais-tu ce que cela représente ? »

La réponse est magnifique : « Oui, c’est le Seigneur Jésus, mon Sauveur ! Il est mort pour moi sur la croix, pour me sauver. Ces gens-là, ce sont les soldats qui l’ont tué. Et cette femme qui pleure, c’est sa mère. »

L'homme lui tapote l'épaule et poursuit son chemin. Il n'a fait que quelques pas lorsqu'on lui tire doucement sur la manche.

Le garçon l’a suivi : « Monsieur, j’ai oublié quelque chose. Le Seigneur Jésus n’est plus sur la croix ni dans le tombeau. Il vit, car Il est ressuscité. Il habite désormais au ciel ! »